Etre bipolaire et enceinte

Les personnes bipolaires ont généralement leur premier épisode à la fin de leur adolescence ou au début de la vingtaine. Pour certaines femmes cependant, l’accouchement déclenchera leur premier épisode bipolaire.

Etre bipolaire, c’est quoi ?

Une personne atteinte de trouble bipolaire connaît des hauts et des bas extrêmes, qui peuvent durer des semaines et, dans certains cas, des mois. C’est un trouble rare et il y a généralement des antécédents familiaux. Les symptômes dépressifs du bipolaire sont les mêmes que ceux de la dépression.

Les symptômes de la bipolarité sont :

  • une humeur excessivement joyeuse
  • une humeur irritable
  • augmentation de la libido pouvant parfois conduire à un comportement inapproprié
  • augmentation des dépenses pour des choses dont vous n’avez pas forcément besoin
  • se sentir invincible et prendre des risques accrus comme conduire à toute vitesse

Etre bipolaire avant d’être enceinte

Si vous savez déjà que vous êtes bipolaire et que vous essayez d’avoir un enfant, c’est bien d’en parler avec votre médecin, pour essayer de « planifier » votre grossesse avec un médecin.

Certains traitements pour les bipolaires ne peuvent pas être pris pendant la grossesse, il faut donc que le médecin modifie les dosages afin de trouver un équilibre avec le risque de rechute.

Votre traitement doit être une entente entre vous, votre partenaire et votre médecin. Le lithium par exemple peut augmenter le risque de malformations cardiaques et d’autres anomalies congénitales chez le bébé, bien que ces complications soient rares.

Les anti-convulsants peuvent augmenter le risque de malformations congénitales, notamment des malformations du tube neural comme le spina bifida.

Pour certaines femmes, la prise de ces médicaments sera le seul moyen de gérer leur état. Dans ces circonstances, votre spécialiste devrait vous parler des risques liés à la prise de médicaments par rapport aux risques pour vous et votre bébé de tomber malade si vous ne les prenez pas. Vous pouvez prendre une décision éclairée sur ce qui est le mieux pour vous.

Il peut vous être conseillé de :

  • continuer votre traitement actuel tout au long de la conception, de la grossesse et de l’accouchement
  • passer à un autre traitement
  • arrêter ou réduire la dose de votre médicament

Votre professionnel de la santé doit expliquer clairement les risques et les avantages de toutes vos options afin que vous et votre partenaire (si vous en avez un) puissiez prendre une décision éclairée concernant vos soins.

Le risque de rechute après l’accouchement

Lorsque vous accouchez, dans les jours qui suivent, votre taux d’hormones chute. Vous risquez donc plus de faire une rechute dans les semaines qui suivent l’accouchement. C’est donc judicieux de prévoir avec votre médecin une surveillance supplémentaire ou alors de prendre une médication spécifique dès l’accouchement.

Comment diagnostiquer un trouble bipolaire postpartum ?

Les outils pour diagnostiquer le trouble bipolaire post-partum ont toujours fait défaut, mais la recherche du Dr Wisner a trouvé un bon succès en utilisant une combinaison de deux dépistages différents dans les quatre à six semaines après l’accouchement.

La première, appelée Edinburgh Postnatal Depression Scale (EPDS), est un ensemble de 10 questions qui dépistent la dépression post-partum. C’est l’outil le plus couramment utilisé par les professionnels de la santé et il est très précis, certaines recherches montrant qu’il identifie correctement 86% des cas de dépressions post-partum.

Le problème, c’est que l’EPDS ne fait pas la distinction entre la dépression bipolaire et unipolaire, et un diagnostic erroné peut être désastreux : le traitement antidépresseur de la dépression unipolaire peut déclencher un cycle d’humeur rapide, une manie ou des états mixtes chez les femmes bipolaires.

Le deuxième dépistage, appelé Mood Disorders Questionnaire (MDQ), a été développé par une équipe de psychiatres, de chercheurs et de défenseurs des consommateurs pour évaluer les antécédents de manie et d’hypomanie au cours de la vie. Comme l’EPDS, c’est court et simple : une liste de contrôle de 13 symptômes plus deux questions supplémentaires sur le moment et la gravité.

Dans l’étude de Wisner sur près de 1 300 femmes, la combinaison de l’EPDS et du MDQ a amélioré leur capacité à distinguer la dépression post-partum unipolaire et bipolaire de près de 70 %

L’EPDS est devenu assez standard, mais toutes les nouvelles mamans n’ont pas besoin des deux dépistages, explique le Dr Wisner. Toute personne ayant des antécédents personnels de trouble bipolaire sera dépistée positive pour la maladie, afin qu’elle puisse sauter cette étape et passer directement aux considérations de traitement. Les personnes présentant d’autres facteurs de risque bipolaires doivent remplir à la fois l’EPDS et le MDQ.

Le Dr Wisner recommande également que les femmes dont le dépistage de la dépression post-partum est positif sur l’EPDS devraient alors recevoir le MDQ avant que des traitements ne soient prescrits.

Et celles à qui on prescrit encore un antidépresseur pour la dépression unipolaire doivent contacter leur médecin immédiatement si elles ressentent une aggravation des symptômes, de l’anxiété, de l’agitation ou de la détresse, autant de signes qu’elles sont bipolaires et ont besoin d’un protocole de traitement différent.

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